Ces hibernies qui n’hibernent pas

By Jacqueline Détraz-Méroz

Derniers jours pour les voir !

Les Hibernies, c’est le nom donné à ces papillons de nuit de la famille des Géomètres, qui ont la curieuse habitude d’émerger au milieu de l’hiver, après les premières gelées. Un des plus commun représentant de ce groupe est la Phalène brumeuse (Operophtera brumata), un petit papillon grisâtre. Une des caractéristiques des Hibernies, et de la Phalène brumeuse plus particulièrement, est que les ailes de la femelle sont réduites à de minuscules moignons, leur donnant l’impression d’être aptères ! Inapte au vol, la femelle se réduit pour ainsi dire à une machine à pondre. Après l’émergence, la femelle va grimper le long d’un tronc puis va …émettre une phéromone sexuelle qui va attirer les mâles. Immédiatement après l’accouplement, elle dépose ses œufs (100 à 200) sur les rameaux ou dans des fentes de l’écorce, puis meurt quelques heures plus tard. Les œufs hivernent, et ils éclosent de fin mars à début avril, au débourrement des essences feuillues. La chenille est capable de se développer sur une grande quantité d’arbres feuillus. Elle creuse tout d’abord des trous entres les nervures des feuilles puis dévorent le bord de celles-ci. La chenille, comme toutes les Géomètres, ne possèdent que deux paires de fausses pattes abdominales, ce qui les contraint à se déplacer de façon particulière : pour avancer, elles doivent rapprocher leurs pattes postérieures (fausses pattes) de leurs pattes antérieures (vraies pattes) et forment ainsi un « oméga ». Elles lancent ensuite leur partie antérieure vers l’avant et paraissent ainsi arpenter à la manière d’un géomètre (d’où leur nom).Au début du moi de juin, les chenilles vont s’enterrer dans le sol et se nymphoser dans les dix centimètres supérieurs de la couche de terre. La Phalène brumeuse se rencontre dans les jardins, les forêts d’essences feuillues, les parcs urbains,… jusqu’à une altitude de 1600 mètres. On peut observer l’adulte de fin octobre à janvier. Au cours de cette période, les mâles volent la nuit et sont attirés par les lumières.

De notre envoyé spécial, l’entomologue Yannick Chittaro

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