L’objectif du mois est:
comment ENTRETENIR LA BIODIVERSITE
Le paysage valaisan s’est fortement modifié au cours des dernières décennies. L’urbanisation croissante, la canalisation des cours d’eau et l’uniformisation du paysage agricole sont autant de facteurs qui expliquent les déficits constatés au niveau de la biodiversité. A cette tendance, il faut cependant opposer une valorisation de la biodiversité permise par certaines activités humaines, en particulier, agricoles. Si ces deux tendances s’opposent, l’équilibre est actuellement loin d’être en faveur de la biodiversité. Pourtant, bon nombre de mesures, réalisables à différentes échelles, existent.
Entretien des espaces verts
Le maintien de paysages traditionnels et diversifiés par l’agriculture respectueuse de la nature est souvent cité à titre d’exemple. La biodiversité trouve cependant aussi sa place dans des lieux plus inattendus au sein même des villes et des villages. Les jardins et les haies vives plantées d’espèces indigènes, les murs de pierres sèches, les talus bordant les routes sont autant de lieux pouvant abriter une diversité surprenante tant végétale qu’animale. Encore faut-il veiller à y pratiquer un entretien adéquat.
S’il existe de nombreuses solutions à exploiter, au moment de passer à l’acte, le réflexe du « propre en ordre » persiste. Lors de la planification et la réalisation d’entretien des espaces publics, l’information fait également souvent défaut. Dans le but d’y remédier, une brochure présentant des solutions pratiques et facilement réalisables est en cours de préparation. Elle sera publiée durant le mois de mai de sorte que chacun, à son échelle, puisse participer à l’entretien de la biodiversité.
L’exemple des cours d’eaux
Autres milieux reconnus en tant que hauts lieux de la biodiversité, les cours d’eau présentent un large potentiel de biodiversité pour autant qu’ils conservent leur caractère naturel. Outre le fait qu’ils sont indispensables à de nombreuses espèces, il abritent des hôtes spécifiques et forment des cordons biologiques nécessaires au refuge, à la circulation des animaux et à la dissémination des végétaux. Le Valais connaît une dégradation et un déficit de ces milieux naturels, réduits par les activités humaines. Un effort important est nécessaire pour redonner une place à la nature dans l’entretien des cours d’eau et des berges. Ceci n’est pas forcément contradictoire avec les objectifs sécuritaires, comme on le constate avec les nouveaux aménagements de cours d’eau et le projet de 3e correction du Rhône, qui allie les améliorations sécuritaires et celles environnementales en donnant notamment plus de place au fleuve.
L’objectif de la renaturation des cours d’eau sera désormais ancré dans la loi suite à l’adoption du contre-projet à l’initiative « eaux vivantes ». Une amélioration de la qualité des cours d’eau et des milieux qui leurs sont associés est ainsi attendue. Cette amélioration passe également par un entretien différencié des berges et du lit des cours d’eau, permettant à divers organismes de conserver ou retrouver des habitats adaptés en suffisance, notamment des zones de frayères devenues rares à cause de la banalisation des cours d’eau.
Truite lacustre
Exemple emblématique, illustrant bien les enjeux et les difficultés liés à la gestion des cours d’eau : la truite lacustre. Cette espèce menacée bénéficie de projets visant à renforcer ses populations et à favoriser son accès aux rivières durant sa reproduction. La création d’une passe à poissons à la hauteur du barrage de Lavey, obstacle actuellement infranchissable, permettra à ce magnifique poisson de recoloniser les cours d’eau du Valais central. Un projet d’élevage à partir d’œufs de reproducteurs sauvages est en cours, permettant de pallier partiellement à la faible reproduction naturelle. Ces mesures, importantes pour assurer la pérennité de cette espèce, seraient cependant insuffisantes sans la renaturation de cours d’eau favorisant la création de zones de frai et la croissance des juvéniles.
Des résultats encourageants concernant la truite lacustre viennent du Léman où, après un recul important des effectifs durant les deux dernières décennies, les populations se portent mieux faisant suite à des mesures de renaturation et de restauration de la libre migration vers les frayères naturelles des affluents lémaniques.
En conclusion
Si la biodiversité est parfois une affaire de spécialiste, les pratiques qui lui sont favorables sont souvent réalisables par tous à différentes échelles. La diversité des actions est elle-même garante du maintien de cette biodiversité.
Calendrier
Vendredi 28 mai 2010 :
- le matin, pêche électrique sur le canal des Mangettes et translocation des truitelles de 1 an sur le Bras-Neuf (FCVPA et SCPF)
- l’après-midi, mise à l’eau des alevins avec le concours d’écoliers.
Rendez-vous : 09h30 devant le manège de Monthey situé à côté du canal des Mangettes
Exemples de cours d’eau renaturés
- Nants de Choex en plaine à Monthey
- Canal de Fully à l’aval de Branson
- Canal Saillon-Fully à Saillon
- Galdikanal à Steg
Contacts
M. Yvon Crettenand – biologiste, SCPF – 027/606 70 11 ou 079/355 39 15
M. Stefan Wenger – président FCVPA – 079/374 97 32
M. Bernard Disières – Responsable de l’élevage FCVPA – 079/217 50 11
M. Pascal Dumusc- président section FCVPA de Monthey .- 079/297 62 92
Mots-clefs : cours d'eau, entretien, espaces verts, SFP, truite