Des envahisseurs en Valais?

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Les envahisseurs ne s’annoncent pas à la frontière … et ils avancent masqués. Ils ont toutes les stratégie pour arriver sournoisement et rester tapis pendant des années, puis on ne sait pourquoi, se multiplier au point de déséquilibrer les populations indigènes.

Ces envahisseurs, ce sont des plantes et des animaux exotiques introduits, de manière volontaire ou accidentelle, et qui se répandent massivement aux dépends des espèces locales. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’introduction d’espèces exotiques n’est pas forcément un bénéfice pour la biodiversité. Si la plupart de ces espèces introduites ne parviennent pas à s’adapter à leur nouvel environnement et disparaissent rapidement, d’autres affectent fortement la biodiversité locale. Leur prolifération s’explique principalement par le manque de facteurs régulateurs (parasites, concurrence, herbivores, …).

La biodiversité est menacée!

La nuisibilité de ces « envahisseurs » se manifeste de différentes manières : transmission de maladies ou de parasites, envahissement et destruction d’habitats, prédation ou hybridation avec les espèces …indigènes, contribuant à leur disparition. L’envahissement d’espèces exotiques peut toucher toute la chaîne alimentaire et modifier totalement le fonctionnement des écosystèmes ; les conséquences sont donc très importantes et difficilement chiffrables. Ce phénomène est aujourd’hui considéré comme une des causes les plus importantes de la diminution de la biodiversité dans le monde ; il est étroitement lié à la mondialisation croissante des échanges qui favorise le transport d’organismes vivants.

Des plantes exotiques envahissantes…

En Valais, du fait de l’enclavement dans les montagnes, le processus d’invasion est souvent ralenti. Si la colonisation de certaines espèces invasives semble encore contrôlable, d’autres espèces sont cependant déjà bien établies. Pour autant que les mesures nécessaires soient prises à temps, l’impact de ces indésirables peut encore être limité. Cinq plantes exotiques envahissantes ou néophytes sont particulièrement problématiques sur le territoire du canton:

- la berce du Caucase qui provoque des brûlures ;

- l’ambroisie à feuilles d’armoise, fortement allergène ;

- le séneçon du Cap, toxique et néfaste pour l’agriculture ;

- le buddleia de David ou arbre aux papillons ;

- la renouée du Japon, qui déstabilise les berges.

Outre les problèmes causés dans les domaines de la santé et de l’économie, ces espèces envahissantes ont aussi un impact sur la biodiversité, se traduisant par une forte concurrence vis-à-vis des espèces locales. La colonisation rapide de ces plantes envahissantes perturbe fortement l’équilibre des écosystèmes, pouvant aboutir à la supplantation des espèces locales.

… aux espèces animales envahissantes

Du côté du règne animal, plusieurs espèces envahissantes sont aussi signalées en Valais. Les plus importantes sont l’écrevisse américaine (Orconectes limosus) et l’écrevisse signal (Pacifastacus leniusculus) qui en plus de concurrencer les espèces d’écrevisses indigènes, leur transmettent une maladie mortelle.

Autre exemple symbolique, la tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) pose également quelques problèmes. Outre la concurrence locale qu’elle exerce sur la cistude d’Europe (Emys orbicularis) déjà menacée d’extinction, sa pression s’étend aux amphibiens et poissons dont elle se nourrit. Plus récemment l’expansion de la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) laisse présager de nouvelles difficultés pour les espèces indigènes. Utilisée initialement dans le cadre de la lutte biologique, la coccinelle asiatique se nourrit non seulement des pucerons, mais aussi d’oeufs de papillons, ainsi que d’autres insectes, dont les larves de coccinelles indigènes.

Stratégies de lutte

Il est difficile de lutter contre les organismes envahissants. Chaque espèce a des caractéristiques qui lui sont propres, nécessitant des mesures particulières, pouvant inclure la lutte mécanique (arrachage, prélèvement), biologique ou chimique. Une connaissance approfondie de ces espèces est donc indispensable pour l’élaboration d’une stratégie de lutte efficace.

Il est quasiment impossible d’éradiquer une espèce à un stade d’invasion avancé, les coûts devenant trop élevés. La prévention et le suivi de la progression d’espèces exotiques sont donc les meilleurs moyens de lutte contre les organismes envahissants. Chacun peut agir concrètement, notamment en plantant de préférence des espèces locales et en veillant à ne pas lâcher d’animaux exotiques dans la nature. Des actions ciblées sont également organisées pour lutter contre les organismes envahissants.

Calendrier

26 juin 2010 : Journée d’arrachage de néophytes envahissantes (probablement à Saillon)

Renseignements : Service des forêts et du paysage

027/606 32 21 – michele.burgener@admin.vs.ch

Exemple de sites avec présence de néophytes envahissantes

Séneçon du Cap : gare de Vernayaz

Renouée du Japon : berges de la Morge, torrents de Saxon

Buddléia de David : ancienne carrière de Saillon et canal de la Sarvaz

Contacts

Plantes exotiques envahissantes : Service des forêts et du paysage

Michèle Burgener – 027 606 32 21 – michele.burgener@admin.vs.ch

Espèces animales envahissantes : Service de la chasse, de la pêche et de la faune

Yvon Crettenand - 027 606 70 11 – yvon.crettenand@admin.vs.ch

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2 réponses à “Des envahisseurs en Valais?”

  1. Imago dit :

    Et quid des plantes envahissantes comme la vigne, le maïs ou la pomme gala ?

    Il me semble facile de toujours accuser ces plantes qui souvent se dépêchent de réparer des milieux que NOUS avons dénaturés.

    J’ai visité deux domaines, des espèces de paradis sur terre, où la renouée et la berce du caucase cohabitent sans que ça pose problème, car elles sont considérées comme faisant partie du système et sont utilisées comme les autres plantes.

    A contrario, j’ai près de chez moi des vieux fruitiers (noyer, cerisier) qui sont complètement recouverts par le houblon et la clématite, on dirait du kudzu ! Dans ce cas, des plantes indigènes sont devenues envahissantes parce que personne ne s’en occupe, ni d’elles ni des arbres dessous.

    Ce que je veux dire, c’est que c’est un problème philosophique, un problème humain, pas un problème de l’écosystème ou de la biodiversité.

    A lire ou à relire: François Terrasson (la peur de la nature) et Jean-Claude Genot (la nature malade de la gestion) ou Gilles Clément (le jardin en mouvement).

    Salutations

    • Jacqueline Détraz-Méroz dit :

      “S’il ne faut pas diaboliser ces plantes qui effectivement se développent préférentiellement dans des milieux perturbés par l’Homme, certaines d’entre-elles méritent toutefois qu’on y prête une attention particulière. En l’absence de facteur régulateur ces espèces envahissantes peuvent provoquer des déséquilibres importants dans les écosystèmes, débordant souvent des milieux anthropiques vers les milieux naturels. Si les populations de ces espèces trouveront certainement un équilibre au fil du temps, un certain nombre d’espèces risque de disparaître prématurément d’ici là. Dans les réserves naturelles en particulier, la propagation rapide de ces espèces posent concrètement des problèmes pour les plantes indigènes, réduisant encore un peu plus l’espace à leur disposition. Comme il est quasiment impossible d’éradiquer une espèce à un stade d’invasion avancé, la prévention reste le meilleur moyen.”

      Meilleures salutations
      Yann

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